Au 16 mai 2026, le cluster d'infection à hantavirus Andes en France compte neuf cas confirmés, tous liés à la croisière du navire polaire MV Hondius selon Santé publique France et le ministère de la Santé. Une patiente est hospitalisée en réanimation à l'hôpital Bichat-Claude-Bernard pour une forme cardio-pulmonaire sévère. Vingt-deux cas contacts font l'objet d'une quarantaine encadrée par le décret n° 2026-364. Aucun décès n'est rapporté sur le territoire national à ce jour.

Le bilan chiffré au 16 mai 2026
Selon le point de situation publié par le gouvernement sur info.gouv.fr et le DGS-Urgent n° 2026-04 diffusé aux professionnels de santé, l'état de la situation en France est le suivant :
- 9 cas confirmés d'infection à hantavirus Andes, tous liés à la croisière du MV Hondius
- 1 forme cardio-pulmonaire sévère en réanimation à l'hôpital Bichat-Claude-Bernard (Paris)
- 22 cas contacts à risque en quarantaine encadrée par le décret n° 2026-364
- 0 décès rapporté en France au 16 mai 2026
- 0 cas autochtone identifié hors du contexte du cluster
- 0 cas contact symptomatique déclaré à ce jour
Au niveau international, l'OMS recensait dans sa note DON599 publiée le 7 mai 2026 environ 9 cas confirmés et 3 décès parmi les passagers du MV Hondius toutes nationalités confondues, chiffres affinés depuis par l'ECDC dans le cadre de la surveillance « Andes hantavirus outbreak ».
Qui sont les neuf patients confirmés ?
Les neuf cas confirmés en France au 16 mai 2026 partagent un point commun : ils ont tous été passagers du navire de croisière polaire MV Hondius, exploité par la compagnie Oceanwide Expeditions, sur le voyage retour Patagonie - Antarctique. Voir la chronologie complète du cluster pour comprendre comment l'exposition a eu lieu.
Aucune donnée individuelle identifiante n'est communiquée par les autorités sanitaires, conformément aux principes de protection de la vie privée et aux recommandations de la CNIL en matière de traitement de données de santé. Les informations disponibles sont :
- Tous sont des cas importés, pas de transmission autochtone documentée
- Les tableaux cliniques sont variables : phase prodromique pour la plupart, forme sévère pour le cas index
- Les confirmations diagnostiques ont été réalisées par sérologie IgM et PCR au CNR Hantavirus de l'Institut Pasteur
- Les typages moléculaires ont confirmé la souche Andes sur l'ensemble des prélèvements
Le cas index à l'hôpital Bichat
La patiente identifiée le 11 mai 2026 comme premier cas confirmé en France est hospitalisée en réanimation à l'hôpital Bichat-Claude-Bernard (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), centre de référence parisien pour les pathologies infectieuses émergentes. Selon le ministère de la Santé, elle présente une forme cardio-pulmonaire sévère du syndrome pulmonaire à hantavirus.
« Hantavirus pulmonary syndrome (HPS) is a severe, sometimes fatal, respiratory disease in humans caused by infection with hantaviruses. »
La prise en charge associe ventilation mécanique, surveillance cardiologique rapprochée et possibilité de recours à une oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) selon l'évolution clinique. Voir notre article dédié à la prise en charge médicale du hantavirus.
Les 22 cas contacts en quarantaine
Conformément au décret n° 2026-364 du 10 mai 2026, les cas contacts à risque ont été placés en quarantaine pour une durée de 42 jours à compter du dernier contact à risque. Voir l'analyse complète du dispositif de quarantaine.
Les 22 personnes concernées au 16 mai 2026 se répartissent selon les catégories suivantes :
- Membres de famille proches ayant partagé le domicile d'un cas confirmé en phase virémique
- Soignants exposés avant identification du virus, sans équipement FFP2 lors des premiers soins
- Autres passagers du MV Hondius rapatriés en France et identifiés comme contacts à risque sans confirmation diagnostique à ce jour
- Personnes ayant eu un contact étroit prolongé avec un cas en phase virémique
Selon le DGS-Urgent n° 2026-04, les contacts dits « à faible risque » (contact bref, port d'EPI complet) ne relèvent pas de la quarantaine stricte mais d'une surveillance médicale renforcée à domicile avec surveillance quotidienne de la température et notification immédiate de tout symptôme.
Le dispositif sanitaire activé
Le dispositif sanitaire mis en œuvre par les autorités françaises repose sur trois piliers réglementaires consultables sur Légifrance et sante.gouv.fr :
- L'arrêté du 9 mai 2026 prescrivant les mesures d'urgence pour le risque hantavirus (surveillance des cas contacts, port du FFP2 par les soignants, activation du CNR)
- Le décret n° 2026-364 du 10 mai 2026 relatif aux modalités de quarantaine et d'isolement (durée de 42 jours, sanctions, dérogations)
- Le DGS-Urgent n° 2026-04 « Cluster de cas d'hantavirus » destiné aux professionnels de santé (conduite à tenir patient suspect, modalités de signalement, protocoles thérapeutiques, prévention soignants)
Voir notre analyse pédagogique du DGS-Urgent n° 2026-04 pour comprendre les consignes officielles diffusées aux médecins et laboratoires français.
La coordination internationale
Le cluster français s'inscrit dans une coordination internationale pilotée par l'OMS et l'ECDC. Selon la note DON599 de l'OMS du 7 mai 2026, plusieurs pays sont concernés par le cluster lié au MV Hondius : la France, les Pays-Bas (pavillon du navire), l'Argentine, le Chili et plusieurs autres pays européens correspondant aux nationalités des passagers.
Au niveau européen, l'ECDC maintient une page de surveillance actualisée intitulée « Andes hantavirus outbreak » et coordonne les échanges d'informations entre laboratoires nationaux de référence. La position officielle de l'OMS, qui écarte le risque d'épidémie majeure, est analysée dans notre article dédié à la communication de l'OMS.
Prochaines étapes et surveillance à venir
La surveillance du cluster se poursuit selon plusieurs axes :
- Suivi quotidien des 22 cas contacts en quarantaine jusqu'au terme des 42 jours (soit fin juin / début juillet 2026 pour les derniers contacts identifiés)
- Surveillance épidémiologique élargie : tout patient présentant un tableau compatible (fièvre, myalgies, détresse respiratoire) avec antécédent de voyage en Amérique du Sud doit faire l'objet d'un signalement à l'ARS
- Bulletins épidémiologiques publiés par Santé publique France à un rythme à définir selon l'évolution
- Séquençage génomique des souches isolées par le CNR Hantavirus, pour identifier d'éventuelles particularités de la souche circulante et alimenter la surveillance internationale
- Levée individuelle des quarantaines après deux tests PCR négatifs réalisés à 72 heures d'intervalle, selon le décret n° 2026-364
Que faire en tant que citoyen ?
Pour le grand public n'ayant pas été à bord du MV Hondius et n'ayant pas voyagé récemment en Amérique du Sud, aucune mesure particulière n'est requise selon Santé publique France. Le hantavirus Andes ne circule pas naturellement en France faute de rongeur réservoir.
En revanche, la vigilance reste de mise vis-à-vis du virus Puumala endémique en France (quart nord-est), notamment pour les forestiers, bûcherons et personnes effectuant des travaux dans des bâtiments fréquentés par des rongeurs. Voir nos conseils de prévention du hantavirus et nos guides pour les forestiers.
Pour aller plus loin
- Premier cas d'hantavirus Andes en France : ce qu'il faut savoir
- MV Hondius et hantavirus : chronologie complète du cluster
- Décret n° 2026-364 : ce que prévoit la quarantaine hantavirus
- DGS-Urgent n° 2026-04 : décodage pour le grand public
- OMS : pourquoi le risque d'épidémie majeure est écarté
- Tout savoir sur la souche Andes
- Symptômes du hantavirus à reconnaître
- Comment se déroule le diagnostic du hantavirus en France
- Toutes nos sources scientifiques et officielles
