Hantavirus Andes : la souche contagieuse entre humains

Le virus Andes est une souche d'hantavirus sud-américaine appartenant à la famille des Hantaviridae, identifiée pour la première fois en 1995 en Argentine. Selon le CDC, c'est la seule souche d'hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine est documentée, notamment dans des contextes familiaux et hospitaliers en Patagonie. Son réservoir naturel est le rat à long pelage Oligoryzomys longicaudatus. Le virus Andes provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) avec une létalité de 30 à 40 %. Un premier cas a été confirmé en France en mai 2026 chez une passagère de retour d'une croisière polaire, motivant l'arrêté du 9 mai 2026.

Le virus Andes : présentation générale

Le virus Andes (ANDV, pour Andes orthohantavirus) est un virus à ARN simple brin de polarité négative, appartenant au genre Orthohantavirus et à la famille des Hantaviridae. Il a été isolé pour la première fois en 1995 dans la province de Río Negro en Argentine, lors d'une investigation épidémiologique consécutive à une série de cas mortels de pneumopathie aiguë inexpliquée dans le sud du pays.

Selon le CDC, le virus Andes fait partie du groupe des hantavirus du Nouveau Monde, comme la souche Sin Nombre identifiée aux États-Unis en 1993 dans la région des Four Corners. Ces souches sud et nord-américaines provoquent le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), pathologie respiratoire grave distincte de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) causée par les hantavirus de l'Ancien Monde (Puumala, Dobrava, Hantaan, Seoul).

Le génome du virus Andes comporte trois segments : S (small), M (medium) et L (large), codant respectivement la nucléoprotéine, les glycoprotéines d'enveloppe et la polymérase virale. Plusieurs variants génétiques ont été décrits selon les zones géographiques : lignées Sud (Argentine sud, Chili sud), Nord (nord-ouest argentin), et variants apparentés en Uruguay, Bolivie et Paraguay.

Réservoir naturel : le rat à long pelage (Oligoryzomys longicaudatus)

Le réservoir naturel principal du virus Andes est le rat à long pelage ou colilargo (Oligoryzomys longicaudatus), petit rongeur sigmodontiné endémique des forêts tempérées andines. Selon les données publiées par l'Institut Pasteur et le CDC, ce rongeur est l'hôte naturel chez lequel le virus circule de manière chronique sans causer de maladie apparente.

L'animal mesure 7 à 11 cm de longueur corporelle, avec une queue nettement plus longue que le corps (jusqu'à 14 cm), d'où son nom de « colilargo » en espagnol. Son pelage est brun-roux sur le dos et clair sur le ventre. Il vit principalement dans les sous-bois denses, les zones de bambouseraies (Chusquea quila), les abords des cours d'eau et les habitats anthropisés ruraux.

Le virus est excrété de façon prolongée dans l'urine, les fèces et la salive du rongeur infecté. La contamination humaine survient principalement par inhalation d'aérosols contenant des particules virales lors du balayage, du nettoyage de cabanes, granges ou refuges colonisés par les rongeurs. Plus rarement, la contamination peut résulter d'une morsure ou d'un contact direct entre une plaie cutanée et des excrétions contaminées.

Distribution géographique en Amérique du Sud (Patagonie, Argentine, Chili)

Le virus Andes circule essentiellement dans les zones tempérées d'Amérique du Sud, suivant la distribution écologique de son réservoir Oligoryzomys longicaudatus. Selon l'OMS et les ministères de la santé argentin et chilien, les zones de plus forte transmission sont les suivantes :

Distribution géographique du virus Andes en Amérique du Sud
PaysRégions / provinces concernéesNiveau de circulation
ArgentineRío Negro, Neuquén, Chubut, Santa Cruz, Tierra del Fuego, nord-ouest (Salta, Jujuy)Élevé, foyer historique
ChiliAysén, Los Lagos, Los Ríos, Araucanía, Bío Bío, MagallanesÉlevé, foyer historique
UruguayRégions centrales et nordCas sporadiques, variants apparentés
BoliviePlaines orientalesVariants apparentés rapportés
ParaguayChaco central et orientalVariants apparentés rapportés

La Patagonie argentino-chilienne constitue le foyer historique et la zone de plus forte incidence. Les cas surviennent toute l'année avec un pic estival (de novembre à mars dans l'hémisphère sud), période de fréquentation touristique élevée et de prolifération des rongeurs. Les activités à risque incluent la randonnée, le camping, l'exploration de cabanes forestières, les travaux agricoles et forestiers.

Particularité unique : transmission entre humains

La caractéristique la plus singulière du virus Andes est sa capacité documentée à se transmettre d'une personne à une autre. Selon le CDC, cette particularité fait du virus Andes une exception parmi l'ensemble des hantavirus connus.

« In Chile and Argentina, rare cases of person-to-person transmission have occurred among close contacts of a person who was ill with a type of hantavirus called Andes virus. »

CDC — Hantavirus transmission

Plusieurs épisodes épidémiques de transmission interhumaine ont été décrits dans la littérature médicale :

  • Épidémie d'El Bolsón (Argentine, 1996) : première mise en évidence formelle d'une transmission interhumaine, dans un foyer familial et hospitalier de la province de Río Negro.
  • Épidémies familiales en Patagonie chilienne : plusieurs clusters intrafamiliaux décrits dans les régions d'Aysén et de Los Lagos.
  • Épidémie d'Epuyén (Argentine, 2018-2019) : cluster de plus de 30 cas, dont 11 décès, avec chaîne de transmission interhumaine confirmée par séquençage génomique. Cet épisode a conduit à des recommandations renforcées de quarantaine et d'isolement.

Les contacts à risque identifiés sont principalement les contacts rapprochés et prolongés : cohabitation, soins à un malade sans équipement de protection, baisers, relations intimes. La transmission par aérosols respiratoires dans la phase précoce de la maladie (phase virémique) est le mécanisme suspecté. Le risque pour le personnel soignant équipé de protections appropriées reste faible mais non nul.

Syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) provoqué par Andes

L'infection à virus Andes provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), également appelé hantavirus cardio-pulmonary syndrome (HCPS) dans la littérature anglo-saxonne. Selon le CDC, l'évolution clinique se déroule typiquement en trois phases.

Phase prodromique (J0 à J4-J10)

Après une incubation de 1 à 5 semaines (médiane 2 à 3 semaines), la maladie débute brutalement par un syndrome pseudo-grippal :

  • Fièvre élevée souvent supérieure à 38,5 °C
  • Myalgies sévères (cuisses, dos, épaules)
  • Céphalées intenses
  • Asthénie marquée
  • Troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée
  • Possibles frissons, sueurs profuses, vertiges

Cette phase, totalement non spécifique, peut faire évoquer initialement une grippe, une gastro-entérite ou une autre virose. Le contexte d'exposition (séjour en Patagonie, contact avec rongeurs ou cas confirmé) est l'élément d'orientation déterminant.

Phase cardio-pulmonaire (J4-J10)

La transition vers la phase cardio-pulmonaire survient brutalement, en quelques heures. Elle est marquée par :

  • Toux sèche puis productive
  • Dyspnée d'aggravation rapide
  • Œdème pulmonaire non cardiogénique bilatéral (fuite capillaire massive)
  • Détresse respiratoire aiguë nécessitant ventilation mécanique
  • Choc cardiogénique avec hypotension réfractaire
  • Hypoxémie sévère
  • Thrombopénie marquée, hémoconcentration

Cette phase impose une prise en charge en réanimation immédiate. Le recours à l'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) peut être nécessaire dans les formes les plus sévères, conformément aux recommandations argentines et chiliennes appliquées dans les centres de référence.

Phase de convalescence (à partir de J10-J15)

Chez les patients survivants, la phase de convalescence s'étend sur plusieurs semaines à plusieurs mois. La récupération pulmonaire est généralement complète. Une asthénie prolongée, une dyspnée d'effort résiduelle et des troubles neurocognitifs peuvent persister plusieurs mois selon les séries publiées.

Létalité et facteurs pronostiques

Le virus Andes figure parmi les hantavirus les plus virulents documentés. Selon le CDC et les autorités sanitaires sud-américaines, la létalité globale du SPH à virus Andes se situe entre 30 et 40 %, comparable à celle de la souche Sin Nombre nord-américaine (létalité environ 38 %).

Facteurs pronostiques du SPH à virus Andes
FacteurImpact sur le pronostic
Délai entre symptômes et hospitalisationDélai court = meilleur pronostic
Accès à la réanimation et à l'ECMORéduction substantielle de la létalité
Âge avancé (> 50 ans)Pronostic plus défavorable
Comorbidités (cardiopathie, BPCO, immunodépression)Surrisque de mortalité
Profondeur du choc et de l'hypoxémie initialeFacteur de gravité majeur
Charge virale élevée à l'admissionFacteur de mauvais pronostic

Aucun traitement antiviral n'a démontré d'efficacité formelle. La prise en charge repose sur les mesures de réanimation symptomatique : oxygénothérapie, ventilation mécanique protectrice, support hémodynamique, ECMO veino-artérielle dans les cas les plus graves. Cette approche, mise en place rapidement, a permis d'abaisser significativement la mortalité dans les centres de référence sud-américains au cours des deux dernières décennies.

Cas en France 2026 et risque importé

Le premier cas confirmé de virus Andes en France a été rapporté en mai 2026 chez une passagère de retour d'une croisière polaire à bord du navire MV Hondius, ayant fait escale en Patagonie chilienne. La patiente, qui avait développé une fièvre et un syndrome respiratoire dans les jours suivant son retour, a été prise en charge en service d'infectiologie. La confirmation diagnostique a été apportée par le Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur, par PCR puis séquençage génomique du variant.

Cet événement a motivé la publication au Journal officiel de l'arrêté du 9 mai 2026 prescrivant des mesures sanitaires d'urgence pour faire face à la menace d'une introduction du virus Andes sur le territoire national. Cet arrêté, consultable sur Legifrance, prévoit notamment :

  • Le renforcement de la surveillance épidémiologique des cas suspects revenant de zones d'endémie
  • La diffusion d'une information ciblée aux professionnels de santé et aux voyageurs
  • Le signalement obligatoire des cas confirmés aux autorités sanitaires régionales
  • Les modalités d'isolement et de prise en charge hospitalière
  • Les recommandations applicables aux contacts rapprochés d'un cas confirmé

Selon Santé publique France et l'Institut Pasteur, le risque épidémique pour la population française reste faible mais non nul. Il se limite essentiellement aux voyageurs revenant de Patagonie ou d'autres zones d'endémie sud-américaines, ainsi qu'à leurs contacts rapprochés en phase virémique. L'absence du rongeur réservoir Oligoryzomys longicaudatus sur le territoire français exclut toute possibilité d'implantation autochtone du virus.

Prévention pour les voyageurs en zone d'endémie

En l'absence de vaccin et de traitement spécifique, la prévention du virus Andes pour les voyageurs en Patagonie, en Argentine ou au Chili repose exclusivement sur l'évitement de l'exposition aux rongeurs et à leurs excrétions. Selon le CDC et les autorités sanitaires sud-américaines, les mesures suivantes sont recommandées.

Choix et préparation de l'hébergement

  • Privilégier les hôtels, refuges et hébergements bien entretenus
  • Éviter les cabanes, granges, abris ou refuges peu utilisés sans aération préalable prolongée (au moins 30 minutes portes et fenêtres ouvertes)
  • Inspecter visuellement les locaux à la recherche de signes de présence de rongeurs (déjections, traces de rongement, nids)
  • Privilégier le couchage en hauteur (lit, mezzanine) plutôt qu'au sol

Nettoyage des espaces susceptibles d'être contaminés

  • Ne jamais balayer à sec ni passer l'aspirateur, ce qui aérosolise les particules virales
  • Humidifier d'abord les surfaces avec une solution d'eau de Javel diluée (1 volume de Javel pour 9 volumes d'eau)
  • Laisser agir au moins 15 minutes
  • Essuyer avec un linge humide jetable
  • Porter des gants jetables et, si possible, un masque FFP2 et des lunettes de protection

Limiter l'attractivité pour les rongeurs

  • Conserver les aliments dans des contenants hermétiques (boîtes plastiques rigides ou métal)
  • Ne jamais laisser de restes alimentaires accessibles
  • Évacuer rapidement les déchets organiques
  • Boucher les ouvertures supérieures à 6 mm dans les bâtiments
  • Ne pas manipuler les rongeurs vivants ou morts

Au retour de voyage

Toute personne ayant séjourné en zone d'endémie doit rester vigilante pendant les 8 semaines suivant son retour. En cas d'apparition de fièvre, de myalgies inhabituelles ou de symptômes respiratoires, consulter un médecin en mentionnant explicitement le voyage récent. Cette information est déterminante pour orienter le diagnostic et déclencher rapidement les analyses spécifiques au Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur.

Pour les voyageurs ayant été en contact rapproché avec un cas confirmé, une quarantaine de surveillance peut être recommandée par les autorités sanitaires, conformément aux dispositions de l'arrêté du 9 mai 2026.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Le virus Andes est-il contagieux entre humains ?

Oui. Le virus Andes est, à ce jour, la seule souche d'hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine est scientifiquement documentée selon le CDC. Des épisodes de contagion ont été rapportés en Argentine et au Chili, dans des contextes familiaux et nosocomiaux, parmi les proches de personnes malades. Toutes les autres souches connues (Sin Nombre aux États-Unis, Puumala en Europe, Dobrava, Hantaan, Seoul) ne se transmettent qu'à partir des rongeurs réservoirs, jamais entre humains. Cette particularité fait du virus Andes une menace épidémique spécifique justifiant des précautions hospitalières renforcées en cas de prise en charge.

Quels pays sont concernés par le virus Andes ?

Le virus Andes circule principalement en Argentine et au Chili, avec un foyer historique en Patagonie (provinces de Río Negro, Neuquén, Chubut côté argentin ; régions d'Aysén et de Los Lagos côté chilien). Des cas et des variants apparentés ont également été signalés en Uruguay, en Bolivie et au Paraguay. La distribution géographique suit celle de son réservoir naturel, le rat à long pelage (Oligoryzomys longicaudatus), endémique des forêts tempérées andines et patagoniennes. Les voyageurs randonneurs, campeurs et travailleurs ruraux dans ces zones sont les plus exposés.

Quels symptômes provoque le virus Andes ?

Le virus Andes provoque un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), forme grave de l'infection. Selon le CDC, la maladie débute par une phase prodromique grippale (fièvre élevée supérieure à 38,5 °C, myalgies sévères, céphalées, troubles digestifs) durant 4 à 10 jours, puis évolue brutalement vers une phase cardio-pulmonaire avec œdème pulmonaire non cardiogénique, détresse respiratoire aiguë et choc cardiogénique. La période d'incubation s'étend de 1 à 5 semaines, avec une médiane de 2 à 3 semaines. L'atteinte rénale est plus rare que dans la fièvre hémorragique avec syndrome rénal européenne.

Quelle est la létalité du virus Andes ?

La létalité du virus Andes est estimée entre 30 et 40 % selon les séries publiées par les autorités sanitaires argentines et chiliennes, et reprise par le CDC. Ce taux place la souche Andes parmi les hantavirus les plus virulents, au même rang que Sin Nombre (létalité environ 38 % aux États-Unis). Le pronostic dépend essentiellement de la rapidité de prise en charge en réanimation, du recours à l'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) si nécessaire, et de l'absence de comorbidités. Aucun traitement antiviral spécifique n'a démontré d'efficacité ; la prise en charge est uniquement symptomatique et intensive.

Le virus Andes circule-t-il en France ?

Non, le virus Andes n'est pas endémique en France. Le rongeur réservoir, Oligoryzomys longicaudatus, n'est pas présent sur le territoire français ni en Europe. Cependant, un premier cas importé a été confirmé en France en mai 2026 chez une passagère de retour d'une croisière polaire à bord du navire MV Hondius, ayant fait escale en Patagonie chilienne. Cet événement a motivé la publication de l'arrêté du 9 mai 2026 prescrivant des mesures sanitaires d'urgence. Le risque pour la population française reste limité aux voyageurs revenant de zones d'endémie sud-américaines.

Comment se protéger en voyage en Patagonie ?

Selon le CDC et les autorités sanitaires argentines, plusieurs mesures réduisent le risque d'exposition au virus Andes en zone d'endémie. Évitez de dormir dans des refuges, cabanes ou granges peu utilisés sans aération préalable prolongée. Ne manipulez pas les rongeurs morts ou vivants. Ne soulevez pas de poussière dans un local susceptible d'abriter des excréments de rongeurs : humidifiez d'abord les surfaces avec une solution désinfectante (eau de Javel diluée). Conservez les aliments dans des contenants hermétiques. Privilégiez les hébergements bien entretenus. Aérez largement les tentes et abris avant occupation.

Combien de temps après exposition apparaissent les symptômes ?

La période d'incubation du virus Andes s'étend généralement de 1 à 5 semaines après exposition, avec une médiane de 2 à 3 semaines selon le CDC et l'Institut Pasteur. Pendant cette période, la personne infectée ne présente aucun symptôme et n'est pas considérée comme contagieuse. La phase prodromique débute ensuite par une fièvre élevée et des douleurs musculaires intenses. Toute personne ayant séjourné en zone d'endémie (Patagonie, sud du Chili et de l'Argentine) dans les 8 semaines précédant l'apparition de symptômes respiratoires inexpliqués doit alerter rapidement un médecin et mentionner cette exposition.

Existe-t-il un vaccin contre le virus Andes ?

Non. À la date du 12 mai 2026, aucun vaccin contre le virus Andes n'est commercialisé ni disponible en France ou ailleurs. Selon l'OMS et l'ECDC, plusieurs candidats vaccins sont en développement préclinique ou en essais cliniques précoces, notamment des plateformes à ARN messager et des vaccins à ADN, mais aucun n'a obtenu d'autorisation. Seul un vaccin contre le hantavirus Hantaan (souche asiatique) existe en Corée du Sud et en Chine pour les populations à risque. La prévention contre Andes repose donc exclusivement sur l'évitement de l'exposition aux rongeurs réservoirs en zone d'endémie.

Que faire si je reviens d'Argentine avec de la fièvre ?

Consultez un médecin sans tarder et signalez immédiatement votre voyage récent en Amérique du Sud, en particulier en Patagonie. Le médecin évaluera la nécessité d'analyses biologiques (numération formule sanguine, sérologie hantavirus, PCR) et orientera si besoin vers un service d'infectiologie hospitalier. Selon le CDC, toute fièvre apparaissant dans les 5 semaines suivant un séjour en zone d'endémie, surtout si elle s'accompagne de douleurs musculaires intenses ou d'essoufflement, doit faire évoquer une infection à hantavirus Andes. En cas de détresse respiratoire ou de fièvre élevée supérieure à 39 °C, appelez immédiatement le 15 (SAMU).

Le virus Andes peut-il se transmettre par les transfusions ?

Le risque transfusionnel lié au virus Andes est théorique mais n'a pas été formellement documenté à grande échelle. Selon les recommandations argentines et chiliennes, les personnes ayant séjourné dans une zone d'endémie ou ayant été en contact avec un cas confirmé doivent être exclues temporairement du don du sang durant la période d'incubation maximale (8 semaines). En France, l'arrêté du 9 mai 2026 a renforcé les mesures de précaution applicables aux voyageurs revenant de zones à risque. Les modes de transmission documentés du virus Andes restent essentiellement l'inhalation d'aérosols d'excrétions de rongeurs et les contacts rapprochés avec une personne malade.

Quelle différence entre le virus Andes et les autres hantavirus ?

Le virus Andes appartient à la famille des Hantaviridae et au groupe des hantavirus du Nouveau Monde, comme la souche Sin Nombre nord-américaine. Tous deux provoquent un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) avec une létalité comparable. La particularité unique du virus Andes est la transmission interhumaine documentée, absente des autres souches. Les hantavirus de l'Ancien Monde (Puumala, Dobrava, Hantaan, Seoul) provoquent quant à eux une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), de gravité variable. Le réservoir d'Andes (Oligoryzomys longicaudatus) est propre à l'Amérique du Sud tempérée.

Le virus Andes est-il une maladie à déclaration obligatoire ?

En Argentine et au Chili, le syndrome pulmonaire à hantavirus est une maladie à notification obligatoire auprès des autorités sanitaires nationales. En France, l'infection à hantavirus n'est pas inscrite à ce jour sur la liste officielle des maladies à déclaration obligatoire selon Santé publique France. Cependant, depuis l'arrêté du 9 mai 2026 prescrivant les mesures d'urgence pour le risque hantavirus Andes, les cas suspects font l'objet d'un signalement renforcé via le Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur. Les laboratoires confirmant un cas sont invités à le déclarer aux autorités sanitaires régionales.