Le premier cas confirmé d'infection à hantavirus Andes en France a été signalé en mai 2026 chez une passagère du navire de croisière polaire MV Hondius de retour de Patagonie. Selon Santé publique France et l'Institut Pasteur, il s'agit d'un cas importé, pas d'une circulation autochtone du virus. L'arrêté du 9 mai 2026 publié au Journal officiel prescrit des mesures de surveillance et de prise en charge des cas contacts.

Chronologie de l'événement
- Fin avril 2026 — Retour en France d'une passagère du navire de croisière polaire MV Hondius, ayant séjourné en Patagonie (Argentine et Chili) plusieurs semaines auparavant.
- Début mai 2026 — Apparition de symptômes compatibles avec un syndrome pseudo-grippal sévère, suivi d'une atteinte cardio-pulmonaire conduisant à une hospitalisation.
- 9 mai 2026 — Publication au Journal officiel de l'arrêté prescrivant les mesures d'urgence pour le risque hantavirus.
- 11 mai 2026 — Confirmation diagnostique par le Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur (sérologie et PCR positives pour le hantavirus Andes).
- 12 mai 2026 — Identification et suivi des cas contacts par l'Agence Régionale de Santé compétente.
Qu'est-ce que la souche Andes ?
Selon le CDC, le hantavirus Andes est une souche d'Orthohantavirus de la famille des Hantaviridae, présente principalement en Argentine et au Chili, notamment dans la région patagonienne. Son réservoir naturel est un petit rongeur, le rat à long pelage Oligoryzomys longicaudatus.
La particularité du virus Andes parmi tous les hantavirus connus :
« In Chile and Argentina, rare cases of person-to-person transmission have occurred among close contacts of a person who was ill with a type of hantavirus called Andes virus. »
C'est la seule souche d'hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée, ce qui explique les mesures de surveillance renforcée prises par l'arrêté du 9 mai 2026.
Symptômes provoqués par Andes
Le virus Andes provoque un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), identique cliniquement à celui causé par la souche Sin Nombre nord-américaine :
- Incubation : 1 à 5 semaines après exposition (médiane 2-3 semaines)
- Phase prodromique : 3 à 7 jours de fièvre, myalgies, céphalées, troubles digestifs
- Phase cardio-pulmonaire : détresse respiratoire aiguë brutale, œdème pulmonaire, choc cardiogénique possible
- Létalité : environ 30 à 40 % selon les données CDC
Voir notre article complet sur les symptômes du hantavirus.
L'arrêté du 9 mai 2026 et ses mesures
Le texte officiel publié au Journal officiel français (référence JORFTEXT000054050696) prescrit plusieurs mesures sanitaires :
- Surveillance renforcée des cas contacts identifiés autour de la patiente diagnostiquée
- Suivi clinique et biologique des personnes ayant été en contact étroit (familles, soignants, autres passagers du voyage)
- Coordination entre les Agences Régionales de Santé, Santé publique France et le Centre National de Référence Hantavirus
- Information du public sur les modalités de transmission et les signes à surveiller
- Protocoles d'isolement en milieu hospitalier pour les cas confirmés en phase virémique
Le texte intégral et ses annexes techniques sont consultables sur Legifrance.
Quel est le risque pour la population française ?
Selon Santé publique France, le risque d'épidémie d'hantavirus Andes en France métropolitaine reste actuellement faible, pour plusieurs raisons :
- Le virus Andes ne circule pas en France : son rongeur réservoir (Oligoryzomys longicaudatus) est absent du territoire national. Sans réservoir animal local, l'établissement d'une circulation autochtone est impossible.
- Les transmissions interhumaines documentées surviennent uniquement dans des contextes de contacts très étroits avec une personne en phase virémique aiguë. Elles restent rares y compris en Patagonie.
- La surveillance renforcée mise en place permet d'identifier rapidement tout cas secondaire éventuel et de mettre en œuvre les mesures d'isolement adaptées.
- Le diagnostic est désormais documenté : les médecins français sont informés du tableau clinique et de la conduite à tenir devant un syndrome compatible chez une personne au retour d'Amérique du Sud.
En revanche, la vigilance des voyageurs revenant d'Amérique du Sud reste essentielle.
Que faire en cas d'exposition possible ?
- Surveillez les symptômes pendant 8 semaines après votre retour : fièvre, myalgies, céphalées, troubles digestifs, puis essoufflement.
- Pas de prophylaxie post-exposition : aucun traitement préventif n'est disponible. Le suivi clinique est la seule option.
- Consultez sans tarder en cas de symptômes, en mentionnant le voyage en Amérique du Sud.
- Évitez les contacts étroits avec votre entourage si vous présentez des symptômes compatibles, en attendant la consultation médicale (par précaution avant confirmation diagnostique).
Prochains développements à suivre
Cette page sera mise à jour :
- Si de nouveaux cas sont confirmés en France (transmission secondaire, autre cas importé)
- Si l'arrêté du 9 mai 2026 est complété ou amendé par un nouveau texte
- Si Santé publique France ou le CNR Hantavirus publient un bulletin épidémiologique actualisé
- Si l'évolution clinique de la patiente est communiquée officiellement
