Vaccin contre le hantavirus : où en est la recherche en 2026 ?

En 2026, aucun vaccin contre le hantavirus n'est autorisé en France ni dans l'Union européenne selon l'Agence européenne des médicaments (EMA) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Deux vaccins inactivés sont utilisés localement en Asie depuis plusieurs années : Hantavax en Corée du Sud et un vaccin bivalent en Chine. La recherche progresse sur de nouveaux candidats — vaccin Andes (ANDV) à l'Université de Bath, plateformes ARN messager, vaccins à ADN, anticorps monoclonaux — mais aucun n'a encore franchi le stade de l'autorisation européenne. Cet article fait le point exhaustif sur l'état des connaissances publiques en mai 2026.

Recherche vaccinale et thérapeutique contre le hantavirus : laboratoires Université de Bath, programmes ARN messager, anticorps monoclonaux
La recherche vaccinale progresse mais aucun vaccin n'est encore autorisé en France ni en Europe en 2026.

Statut en 2026 : aucun vaccin autorisé en Europe ni en France

Selon les bases de données publiques de l'Agence européenne des médicaments (EMA) et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), aucun vaccin contre le hantavirus n'a obtenu d'autorisation de mise sur le marché (AMM) en France, dans l'Union européenne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis (FDA) en mai 2026. La situation est identique au Canada (Santé Canada), en Australie (TGA) et au Japon (PMDA).

Ce constat se traduit en pratique par plusieurs réalités importantes pour le public et les professionnels de santé en France :

  • Aucun centre de vaccination, médecin traitant ou centre de vaccinations internationales ne peut proposer un vaccin contre le hantavirus en France.
  • Aucune recommandation vaccinale spécifique n'est inscrite au calendrier vaccinal français 2026 publié par le ministère chargé de la santé.
  • Aucun vaccin contre le hantavirus ne figure dans les obligations ou recommandations vaccinales pour les voyageurs européens, y compris en zone d'endémie connue (Asie de l'Est, Patagonie, Amérique du Nord).
  • La prévention non vaccinale reste la seule stratégie disponible : éviter les contacts avec excréments et urines de rongeurs, nettoyage sécurisé des habitations rurales, port d'EPI lors de travaux exposants.

L'OMS rappelle dans sa documentation publique que le hantavirus reste une maladie pour laquelle « il n'existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin largement disponible », la prévention de l'exposition aux rongeurs et à leurs excrétions étant la mesure de santé publique centrale.

Les vaccins existants ailleurs : Hantavax (Corée du Sud) et HFRS vaccine (Chine)

Deux pays d'Asie utilisent des vaccins inactivés depuis plusieurs décennies, dans le cadre d'une stratégie nationale ciblée sur leurs propres souches endémiques. Ces vaccins ne sont pas autorisés en Europe mais leur existence informe sur la faisabilité scientifique d'un vaccin hantavirus.

Hantavax (Corée du Sud)

Hantavax est un vaccin inactivé développé en Corée du Sud à partir des années 1990 par GreenCross Corporation (devenue ensuite SK bioscience selon les communications industrielles publiques). Il est dérivé de cerveau de souris néonatale infectée par le virus Hantaan, puis inactivé. Selon les publications référencées sur PubMed et les communications des autorités sanitaires sud-coréennes :

  • Il est autorisé localement par le Korea Food and Drug Administration (KFDA).
  • Il cible principalement la souche Hantaan, responsable de la majorité des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal en Corée du Sud.
  • Son efficacité estimée est de l'ordre de 70 à 80 pour cent selon les études observationnelles.
  • Plusieurs doses sont nécessaires (schéma à 2 ou 3 injections selon les protocoles), avec rappels.
  • Il n'est pas autorisé hors de Corée du Sud.

Vaccin bivalent inactivé chinois

La Chine continentale utilise depuis les années 1990 plusieurs vaccins inactivés dirigés contre les virus Hantaan et Seoul. Une forme bivalente inactivée combinant antigènes Hantaan et Seoul est devenue la référence selon les publications scientifiques chinoises et les rapports OMS. Caractéristiques selon les sources publiées :

  • Vaccins inactivés produits sur cellules de hamster ou cellules Vero selon les générations.
  • Utilisés en campagnes ciblées sur les populations rurales et professionnellement exposées dans les provinces endémiques.
  • Efficacité estimée entre 88 et 95 pour cent selon les études observationnelles chinoises publiées.
  • Non autorisés hors de Chine continentale.
Vaccins contre le hantavirus dans le monde en 2026
VaccinPays / fabricantSouche cibleTypeStatut hors pays d'origine
HantavaxCorée du Sud (GreenCross / SK bioscience)HantaanInactivé (cerveau de souris)Non autorisé (FDA, EMA, ANSM)
HFRS vaccine (bivalent)Chine (plusieurs fabricants)Hantaan + SeoulInactivé bivalent (cellules)Non autorisé (FDA, EMA, ANSM)
Candidat ANDV (Bath)Royaume-Uni (Université de Bath)AndesRecherche académiquePréclinique / phase précoce
Candidats ADN (INO-4500 et apparentés)États-Unis (Inovio Pharmaceuticals, NIAID)Hantaan, Puumala, Andes selon les programmesVaccin à ADNPhase I/II selon ClinicalTrials.gov
Candidats ARN messagerAcadémique (publications PubMed)Andes, Sin Nombre, multivalentARNm encapsulé en LNPPréclinique

Pourquoi pas de vaccin en Europe ?

Plusieurs facteurs expliquent l'absence d'un vaccin hantavirus autorisé par l'EMA en 2026, selon les analyses publiées par l'OMS, l'ECDC et la littérature scientifique.

Une incidence faible et une létalité limitée

Selon les rapports de Santé publique France et l'ECDC, la France enregistre environ 100 à 200 cas annuels confirmés de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, essentiellement liés au virus Puumala. Cette souche provoque une forme atténuée avec une létalité inférieure à 0,4 pour cent. À l'échelle européenne, l'incidence varie selon les pays mais reste globalement faible (quelques milliers de cas annuels). Ces chiffres contrastent fortement avec ceux observés en Chine continentale (plusieurs dizaines de milliers de cas annuels historiquement) qui ont justifié le développement d'une stratégie vaccinale nationale.

Économie du développement pharmaceutique

Le développement d'un vaccin de la phase préclinique à l'autorisation représente un investissement industriel de plusieurs centaines de millions d'euros sur 8 à 15 ans. Pour une maladie à faible incidence européenne et à létalité modérée pour la souche dominante, le retour sur investissement est faible pour les laboratoires privés. Aucun industriel n'a, à notre connaissance, déposé de demande d'autorisation auprès de l'EMA pour un vaccin hantavirus à ce jour selon les communications publiques disponibles.

Diversité antigénique des souches

Les hantavirus regroupent plus de 50 souches identifiées avec une diversité antigénique significative. Un vaccin développé contre Hantaan (Asie) ne protège pas nécessairement contre Puumala (Europe), Andes (Amérique du Sud) ou Sin Nombre (Amérique du Nord). Cette hétérogénéité complique le développement d'un produit à vocation européenne ou mondiale et fragmente les efforts industriels.

La recherche vaccinale en cours

Malgré l'absence de candidat industriel à un stade avancé, la recherche académique et publique sur les vaccins hantavirus reste active. Selon PubMed et les communiqués des centres de recherche, plusieurs axes progressent en parallèle :

  • Vaccins à ADN codant pour les glycoprotéines Gn et Gc des hantavirus, étudiés notamment par Inovio Pharmaceuticals en collaboration avec le NIAID (États-Unis), avec des essais cliniques référencés sur ClinicalTrials.gov.
  • Vaccins à ARN messager codant pour les glycoprotéines virales, en phase préclinique dans plusieurs centres académiques.
  • Vaccins recombinants à base de protéines virales produites en système d'expression (levures, baculovirus, cellules mammifères).
  • Vaccins à vecteur viral (adénovirus non réplicatifs, vaccins atténués vectorisés) — approche également étudiée.
  • Stratégies pan-Hantaviridae visant une protection à large spectre.

Aucun de ces axes n'a, à notre connaissance, atteint la phase III à large échelle en 2026.

Candidat Université de Bath (vaccin Andes ANDV)

Selon les communiqués publics relayés par la presse scientifique en mai 2026 (notamment News-Medical et plusieurs reprises dans la presse généraliste), une équipe de l'Université de Bath au Royaume-Uni a annoncé des avancées sur un candidat vaccin ciblant le virus Andes (ANDV), responsable de formes sévères de syndrome pulmonaire à hantavirus en Argentine et au Chili.

Les éléments publiquement communiqués indiquent que la stratégie repose sur les glycoprotéines de surface du virus Andes et que des résultats précliniques sont publiés ou en cours de publication. Les détails précis (plateforme exacte, calendrier de passage en essais cliniques humains, partenariat industriel éventuel) ne sont pas tous publiquement disponibles à ce jour selon les communications officielles consultées.

Le virus Andes présente un intérêt particulier pour la santé publique car il s'agit, selon le CDC et l'OMS, du seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été documentée. Un vaccin protecteur permettrait de réduire les flambées épidémiques en Patagonie. Toutefois, le passage du stade préclinique à l'autorisation prend typiquement plusieurs années, et aucun calendrier de mise sur le marché n'est publiquement annoncé à ce jour.

Plateformes ARN messager pour les hantavirus

Le succès des vaccins à ARN messager contre le SARS-CoV-2 (Comirnaty de Pfizer-BioNTech, Spikevax de Moderna) a accéléré l'application de cette plateforme à de nombreuses viroses, dont les hantavirus. Selon les publications référencées sur PubMed :

  • Plusieurs candidats ARNm codant pour les glycoprotéines Gn et Gc des virus Andes et Sin Nombre ont été évalués chez le modèle animal (souris, hamster syrien).
  • Les premiers résultats précliniques montrent une induction d'anticorps neutralisants et une protection partielle ou complète selon les schémas vaccinaux.
  • Des candidats ARNm multivalents combinant plusieurs souches sont à l'étude pour offrir une protection à plus large spectre.
  • Aucun candidat ARNm hantavirus n'a, à notre connaissance, encore atteint la phase clinique humaine en 2026 selon ClinicalTrials.gov.

Les délais réglementaires habituels suggèrent, selon les communications publiques disponibles, qu'aucune autorisation EMA d'un vaccin ARNm hantavirus n'est attendue à court terme.

Stratégies anti-Hantaviridae à large spectre

Compte tenu de la diversité antigénique des hantavirus, plusieurs équipes de recherche explorent des stratégies dites pan-Hantaviridae visant une protection contre plusieurs souches simultanément. Selon les publications scientifiques disponibles sur PubMed :

  • Identification d'épitopes conservés entre les glycoprotéines des différentes souches (Hantaan, Puumala, Sin Nombre, Andes) pouvant servir d'antigènes vaccinaux universels.
  • Vaccins multivalents combinant plusieurs glycoprotéines ou ARNm codant pour différentes souches.
  • Approches structurales ciblant la machinerie de fusion virale commune à plusieurs souches.

Ces approches sont prometteuses mais en sont toutes au stade préclinique. Un vaccin universel contre tous les hantavirus n'est pas une perspective à court terme selon les communications scientifiques disponibles.

Anticorps monoclonaux neutralisants

Une approche distincte de la vaccination consiste à développer des anticorps monoclonaux neutralisants ciblant les glycoprotéines des hantavirus. Selon l'Inserm et les publications scientifiques :

  • Plusieurs anticorps monoclonaux ciblant les glycoprotéines Gn et Gc des virus Andes et Sin Nombre sont caractérisés dans la littérature.
  • Certains candidats sont en développement clinique précoce (phase I).
  • Leur usage potentiel est double : prophylaxie post-exposition (par exemple pour les contacts à risque très élevé d'un cas confirmé d'Andes), et traitement précoce en début de phase symptomatique.
  • Limitations : durée de protection courte (semaines), coût élevé, administration parentérale, ce qui les distingue d'un vaccin.

Les anticorps monoclonaux ne remplaceront pas un vaccin à large échelle mais pourraient constituer une option thérapeutique complémentaire pour des situations ciblées.

Calendrier d'autorisation : ce que l'on sait, ce qu'on ignore

Établir un calendrier d'autorisation crédible pour un vaccin hantavirus relève de l'extrapolation prudente. Voici ce qui est publiquement documenté en mai 2026 et ce qui ne l'est pas.

Ce que l'on sait

  • Aucun vaccin hantavirus n'est autorisé par l'EMA, l'ANSM, la FDA, la MHRA, Santé Canada, la TGA ou la PMDA en mai 2026.
  • Aucune demande d'autorisation n'a, à notre connaissance, été déposée auprès de l'EMA selon les communications publiques disponibles.
  • Les candidats vaccins les plus avancés se situent en phase I ou phase II selon ClinicalTrials.gov.
  • Plusieurs programmes de recherche académique sont actifs, notamment au Royaume-Uni (Bath), aux États-Unis (Inovio, NIAID) et en Asie.

Ce que l'on ignore

  • La date précise d'éventuelles autorisations futures, qu'il s'agisse de l'EMA, de la FDA ou d'autres autorités.
  • Quels candidats franchiront la phase III avec succès.
  • Si un industriel européen ou nord-américain s'engagera dans un programme commercial à grande échelle compte tenu de la rentabilité limitée du marché hors Asie.
  • L'efficacité réelle des candidats actuels contre les souches européennes (notamment Puumala) et nord-américaines (Sin Nombre).

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Existe-t-il un vaccin contre le hantavirus ?

Selon l'Agence européenne des médicaments (EMA) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), aucun vaccin contre le hantavirus n'est autorisé en Europe en 2026. Deux vaccins inactivés sont commercialisés en Asie depuis plusieurs années : Hantavax en Corée du Sud (dirigé contre Hantaan) et un vaccin bivalent inactivé en Chine (Hantaan et Seoul). Aucun de ces produits ne dispose d'une autorisation de mise sur le marché en France, dans l'Union européenne, aux États-Unis ou au Royaume-Uni. La recherche se poursuit activement sur plusieurs plateformes : vaccins à ADN, vaccins à ARN messager, vaccins recombinants à base de glycoprotéines virales.

Pourquoi n'y a-t-il pas de vaccin contre le hantavirus en France ?

Plusieurs facteurs convergent selon l'OMS et l'EMA. L'incidence du hantavirus en France est faible, autour de 100 à 200 cas annuels confirmés de fièvre hémorragique avec syndrome rénal à Puumala. La souche dominante en France, Puumala, provoque une forme atténuée avec une létalité inférieure à 0,4 pour cent, ce qui limite la priorité vaccinale en santé publique. Les vaccins disponibles en Asie sont dirigés contre d'autres souches (Hantaan, Seoul) peu présentes sur le territoire européen. Aucun industriel n'a déposé de demande d'autorisation auprès de l'EMA en 2026 pour un vaccin hantavirus, selon les communications publiques disponibles.

Le vaccin Hantavax existe en Corée, peut-on l'obtenir en France ?

Non. Hantavax, développé en Corée du Sud, n'est pas autorisé en France, dans l'Union européenne, ni par la FDA américaine. Il s'agit d'un vaccin inactivé dérivé de cerveau de souris néonatale, autorisé localement par les autorités sanitaires sud-coréennes. Son importation à titre individuel ne fait pas partie des procédures d'accès aux médicaments non autorisés gérées par l'ANSM (autorisation d'accès compassionnel, autorisation d'accès précoce). De plus, ce vaccin cible Hantaan, souche absente du territoire français. Selon les recommandations sanitaires françaises, il n'est pas indiqué pour les voyageurs partant d'Europe.

Le vaccin chinois est-il disponible pour les voyageurs ?

Le vaccin bivalent inactivé chinois, dirigé contre les virus Hantaan et Seoul, est autorisé et utilisé en Chine continentale, principalement pour les populations exposées professionnellement et dans certaines zones endémiques. Il n'est pas autorisé en France, dans l'Union européenne, aux États-Unis ni au Royaume-Uni. Les centres de vaccinations internationales français ne le proposent pas. Selon le Haut Conseil de la santé publique et l'OMS, la vaccination spécifique contre le hantavirus n'est pas recommandée pour les voyageurs européens, y compris pour des séjours en Asie de l'Est, le risque global restant considéré comme faible pour le grand public.

Où en est la recherche vaccinale en 2026 ?

Plusieurs équipes de recherche dans le monde travaillent activement sur des candidats vaccins. Selon les communiqués publics relayés par News-Medical et la presse scientifique, une équipe de l'Université de Bath au Royaume-Uni a annoncé en mai 2026 des avancées sur un vaccin candidat ciblant le virus Andes, responsable de formes sévères en Amérique du Sud. Des candidats vaccins à ADN développés notamment aux États-Unis (Inovio Pharmaceuticals pour Andes et Hantaan, essais de phase I/II référencés sur ClinicalTrials.gov) sont en évaluation. Des plateformes ARN messager sont en phase préclinique. Aucun produit n'a encore franchi le stade de la phase III à large échelle.

Combien de temps avant un vaccin autorisé par l'EMA ?

Aucun calendrier officiel d'autorisation n'a été annoncé publiquement par l'EMA ni par les industriels en 2026. Le développement d'un vaccin de la phase préclinique à l'autorisation prend habituellement entre 8 et 15 ans selon les standards pharmaceutiques. Les candidats actuellement les plus avancés se situent en phase I ou phase II, ce qui suggère, selon les communications publiques disponibles, qu'aucune autorisation n'est attendue à court terme. La rentabilité économique limitée d'un vaccin contre une maladie à faible incidence en Europe constitue également un frein au développement industriel. La situation pourrait évoluer en cas d'épidémie significative ou de financement public ciblé.

Un voyageur en Patagonie peut-il se faire vacciner contre Andes ?

Non. Aucun vaccin contre le virus Andes (ANDV), responsable de formes sévères de syndrome pulmonaire à hantavirus en Argentine, au Chili et en Patagonie, n'est autorisé dans aucun pays en 2026 selon les données publiques de l'OMS et de la FDA. Les voyageurs se rendant en zone d'endémie doivent s'appuyer exclusivement sur la prévention non vaccinale : éviter les refuges de montagne fermés depuis longtemps, ne pas séjourner dans des habitations rurales visiblement infestées par des rongeurs, éviter le contact avec excréments et urines de rongeurs. Le virus Andes est par ailleurs le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été documentée.

Le vaccin protégerait-il contre toutes les souches de hantavirus ?

Selon les données scientifiques publiées sur PubMed, les vaccins existants (Hantavax, vaccin chinois) confèrent une protection essentiellement spécifique de souche, avec une protection croisée limitée entre Hantaan et Seoul. Les hantavirus regroupent plus de 50 souches identifiées (Puumala, Dobrava, Hantaan, Seoul, Sin Nombre, Andes, etc.) avec une diversité antigénique significative. Les chercheurs travaillent sur des approches dites pan-Hantaviridae visant une protection à plus large spectre, mais ces stratégies en sont au stade préclinique. Un vaccin universel contre tous les hantavirus n'est pas une perspective à court terme selon les communications scientifiques disponibles.

Y a-t-il des essais cliniques en France ?

Selon le registre ClinicalTrials.gov et les communications de l'Inserm, aucun essai clinique vaccinal hantavirus n'est ouvert au recrutement en France métropolitaine en 2026 à notre connaissance. Les essais cliniques de phase I et II référencés concernent principalement les États-Unis (vaccins à ADN Inovio), la Chine (variantes du vaccin inactivé) et certains pays d'Amérique du Sud (collaborations sur le virus Andes). Le Centre national de référence Hantavirus à l'Institut Pasteur participe à des collaborations internationales de recherche fondamentale et à la surveillance épidémiologique. Les patients peuvent consulter ClinicalTrials.gov pour identifier les essais en recrutement.

L'ARN messager pourra-t-il aider contre le hantavirus ?

Possiblement. Le succès des plateformes à ARN messager pour le COVID-19 a relancé l'intérêt pour cette technologie contre de nombreuses viroses, dont les hantavirus. Plusieurs équipes académiques publient des travaux précliniques sur des candidats ARNm codant pour les glycoprotéines Gn et Gc des virus Andes et Sin Nombre. Selon les publications référencées sur PubMed, ces candidats induisent une réponse immunitaire neutralisante chez le modèle animal. Aucun candidat ARNm hantavirus n'a toutefois encore atteint le stade de la phase clinique humaine en 2026 selon ClinicalTrials.gov. Les délais réglementaires habituels suggèrent plusieurs années avant une éventuelle autorisation.

Les anticorps monoclonaux sont-ils une alternative au vaccin ?

Les anticorps monoclonaux neutralisants représentent une piste prometteuse, mais leur usage diffère de la vaccination. Selon l'Inserm et les publications scientifiques, ces produits peuvent être utilisés en prophylaxie post-exposition ou en traitement précoce, mais ils confèrent une protection courte (semaines) et coûteuse, alors qu'un vaccin offre une protection durable et économiquement viable à large échelle. Des anticorps monoclonaux ciblant les glycoprotéines des virus Andes et Sin Nombre sont en développement clinique précoce. Ils ne remplacent pas un vaccin mais pourraient constituer une option thérapeutique complémentaire pour les patients infectés ou les contacts à risque très élevé.

Faut-il craindre les effets indésirables d'un futur vaccin hantavirus ?

Tout vaccin autorisé suit un processus d'évaluation rigoureux par l'EMA, l'ANSM ou la FDA, incluant des essais de phase I, II et III sur des milliers de participants pour caractériser le profil de sécurité et d'efficacité. Les vaccins inactivés asiatiques contre Hantaan présentent un profil d'effets indésirables documenté depuis plusieurs décennies (réactions locales au point d'injection, fièvre transitoire, fatigue) globalement comparable aux vaccins inactivés classiques selon les publications scientifiques. Pour les candidats à ADN ou ARN messager, les données de tolérance se construisent essai après essai. Aucun signal d'alerte particulier n'a été publiquement rapporté à ce jour pour les candidats en développement.