Hantavirus Puumala : souche européenne dominante en France

Le hantavirus Puumala est la souche dominante en Europe et la seule souche endémique en France. Selon Santé publique France, il provoque une forme atténuée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, parfois appelée néphropathie épidémique, avec une létalité inférieure à 0,4 %. Son réservoir naturel est le campagnol roussâtre (Myodes glareolus), rongeur forestier abondant dans le quart nord-est. La France recense environ 100 à 200 cas confirmés par an, principalement dans les Ardennes, la Champagne-Ardenne, la Lorraine et la Franche-Comté.

Le virus Puumala : présentation générale

Le virus Puumala (PUUV) appartient au genre Orthohantavirus, famille des Hantaviridae, ordre des Bunyavirales. Selon l'ECDC, il s'agit d'un virus à ARN simple brin de polarité négative, segmenté en trois fragments génomiques (S, M, L) codant respectivement la nucléoprotéine, les glycoprotéines d'enveloppe et l'ARN polymérase virale.

Le virus a été identifié pour la première fois en 1980 par le virologue finlandais Markus Brummer-Korvenkontio et son équipe, à partir de prélèvements effectués sur des campagnols roussâtres capturés près de la localité de Puumala, en Finlande, qui donna son nom à la souche.

« Puumala virus, the most common hantavirus in Europe, is carried by the bank vole (Myodes glareolus) and causes a relatively mild form of haemorrhagic fever with renal syndrome known as nephropathia epidemica. »

ECDC, Hantavirus infection factsheet

Le virus Puumala se distingue des autres souches européennes de hantavirus par sa relative bénignité clinique. Il est responsable d'une forme atténuée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), appelée historiquement néphropathie épidémique en Europe du Nord.

Position dans la famille des hantavirus

Pour situer Puumala dans le contexte mondial, voici une comparaison synthétique des principales souches connues :

Principales souches de hantavirus et leurs caractéristiques
SoucheRégionRéservoirSyndromeLétalité
PuumalaEurope (France)Campagnol roussâtreFHSR atténué< 0,4 %
DobravaBalkans, Europe de l'EstMulot à collierFHSR sévèreJusqu'à 12 %
HantaanAsie de l'EstMulot rayéFHSR sévère5 à 15 %
SeoulMondiale (urbaine)Rat surmulotFHSR modéré1 à 2 %
Sin NombreAmérique du NordSouris sylvestreSPH~ 38 %
AndesAmérique du SudRat à longue queueSPH30 à 50 %

Cette diversité explique pourquoi le pronostic d'une infection à hantavirus dépend fortement de la souche en cause. La détermination de la souche est réalisée par le Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur, par sérologie spécifique et séquençage.

Réservoir naturel : le campagnol roussâtre (Myodes glareolus)

Le campagnol roussâtre (anciennement Clethrionomys glareolus, désormais Myodes glareolus) est l'unique réservoir naturel du virus Puumala. Selon Santé publique France et l'INRS, ce petit rongeur de la famille des Cricetidae mesure 8 à 12 cm de long, pèse 15 à 40 g et se reconnaît à son pelage roux-brun sur le dos, à son ventre gris clair et à sa queue relativement courte (4 à 6 cm).

Habitat et écologie du campagnol roussâtre

Le campagnol roussâtre fréquente principalement les milieux suivants :

  • Forêts de feuillus (hêtraies, chênaies) et forêts mixtes
  • Lisières forestières et clairières humides
  • Broussailles, fourrés, haies bocagères
  • Sous-bois à fougères, ronces, lierre
  • Bordures de cours d'eau et zones marécageuses
  • Granges, cabanes, abris de jardin et caves situés en zone forestière

Selon l'INRS, le campagnol roussâtre est particulièrement actif au crépuscule et la nuit. Sa densité de population présente des fluctuations cycliques marquées, avec des pics tous les 3 à 4 ans environ, conditionnés par les ressources alimentaires (notamment la fructification des arbres forestiers, comme les glands et les faînes).

Excrétion virale et persistance environnementale

Le campagnol roussâtre infecté par le virus Puumala excrète le virus dans son urine, ses fèces et sa salive pendant plusieurs mois, sans présenter lui-même de maladie. Selon l'ECDC, l'animal devient un porteur chronique asymptomatique, contaminant durablement son environnement.

Le virus survit plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans l'environnement, en particulier dans des conditions de température basse, d'humidité modérée et à l'abri du soleil direct. Les rayons ultraviolets, la chaleur et les détergents standard inactivent le virus.

Distribution géographique en Europe et en France

Selon l'ECDC, le virus Puumala est endémique sur une vaste partie de l'Europe continentale, avec une intensité variable selon les pays.

Pays européens les plus touchés

Distribution du virus Puumala en Europe (selon ECDC)
PaysNiveau d'endémieCas annuels (ordre de grandeur)
FinlandeTrès élevé~ 1 000 à 3 000 cas
SuèdeÉlevé~ 200 à 600 cas
AllemagneÉlevé (cycles)~ 100 à 2 000 cas
BelgiqueModéré à élevé~ 100 à 400 cas
FranceModéré (nord-est)~ 100 à 200 cas
Pays-Bas, Autriche, PologneSporadique à modéréQuelques dizaines de cas

Distribution en France métropolitaine

Selon Santé publique France, la zone d'endémie du virus Puumala couvre principalement le quart nord-est de la France. Les départements les plus touchés historiquement sont :

  • Ardennes — département historiquement le plus touché
  • Aisne, Oise, Somme — Picardie
  • Marne, Aube, Haute-Marne — Champagne-Ardenne historique
  • Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges — Lorraine
  • Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire de Belfort — Franche-Comté
  • Côte-d'Or, Saône-et-Loire — nord de la Bourgogne
  • Nord, Pas-de-Calais — Hauts-de-France

La France du sud et de l'ouest reste très peu concernée par Puumala, avec quelques cas sporadiques rapportés principalement chez des personnes ayant séjourné en zone d'endémie. La souche dominante en France métropolitaine est bien Puumala, contrairement au virus Andes qui n'est jamais endémique en Europe et qui a fait l'objet de cas importés surveillés depuis 2026.

Néphropathie épidémique : la forme clinique de Puumala

Selon le MSD Manual et l'ECDC, l'infection à virus Puumala s'exprime cliniquement sous la forme d'une néphropathie épidémique (en anglais nephropathia epidemica), terme introduit par les cliniciens scandinaves dans les années 1930-1940 pour désigner une fièvre aiguë associée à une atteinte rénale réversible chez des sujets ruraux et forestiers d'Europe du Nord.

La néphropathie épidémique est aujourd'hui considérée comme une forme atténuée de FHSR, partageant les mêmes mécanismes physiopathologiques (atteinte de l'endothélium vasculaire et glomérulaire) mais avec une intensité moindre.

Les cinq phases cliniques classiques

Selon le MSD Manual, l'évolution clinique de la néphropathie épidémique suit classiquement cinq phases successives, bien que les formes pauci-symptomatiques ou abortives soient fréquentes :

Phases cliniques de la néphropathie épidémique à virus Puumala
PhaseDuréeCaractéristiques principales
1. Fébrile3 à 7 joursFièvre brutale > 38,5 °C, céphalées, myalgies, troubles digestifs
2. HypotensiveQuelques heures à 2 joursChute tensionnelle, thrombopénie, douleurs lombaires
3. Oligurique3 à 7 joursDiminution des urines, insuffisance rénale, protéinurie
4. PolyuriquePlusieurs semainesAugmentation des urines, retour progressif de la fonction rénale
5. Convalescence1 à 3 moisFatigue résiduelle, récupération complète habituelle

Dans la majorité des cas observés en France, ces phases sont moins tranchées qu'en Asie où elles ont été initialement décrites pour la souche Hantaan. De nombreux patients ne présentent qu'une forme tronquée (fébrile + oligurique modérée).

Symptômes spécifiques (signes oculaires, cutanés, rénaux)

Au-delà du tableau général d'infection (fièvre, myalgies, céphalées, troubles digestifs), l'infection à virus Puumala présente plusieurs signes cliniques évocateurs qui doivent orienter le diagnostic en zone d'endémie.

Signes oculaires

Selon le MSD Manual et plusieurs publications de l'Inserm, les signes ophtalmologiques sont fréquents et parfois inauguraux :

  • Myopie transitoire aiguë — vision floue de loin apparaissant brutalement, par modification de la courbure du cristallin due à un œdème ciliaire
  • Hyperhémie conjonctivale — yeux rouges intenses (« yeux injectés »)
  • Photophobie et larmoiement
  • Douleurs oculaires et sensation de pression

Ces signes oculaires régressent spontanément en quelques jours à quelques semaines, sans séquelle.

Signes cutanés

Plusieurs manifestations cutanées sont décrites :

  • Érythème facial évoquant un « coup de soleil » du visage, du cou et de la partie haute du thorax
  • Pétéchies au niveau du voile du palais, du tronc et des conjonctives, traduisant la thrombopénie
  • Plus rarement, un rash maculo-papuleux diffus

Atteinte rénale

L'atteinte rénale est constante mais d'intensité variable. Selon le MSD Manual :

  • Douleurs lombaires bilatérales intenses, souvent au premier plan
  • Oligurie (diminution des urines < 500 mL/24 h) pendant 3 à 7 jours
  • Protéinurie et microhématurie à la bandelette urinaire
  • Élévation de la créatinine et de l'urée sanguine
  • Phase polyurique de récupération avec diurèse parfois > 4 L/24 h

Selon l'ECDC, environ 5 % des patients nécessitent une épuration extra-rénale transitoire (hémodialyse). La récupération complète de la fonction rénale est la règle.

Signes hémorragiques discrets

Contrairement aux souches asiatiques (Hantaan, Dobrava), les signes hémorragiques sont rares et limités :

  • Pétéchies cutanéo-muqueuses
  • Épistaxis modérée
  • Microhématurie

Les hémorragies sévères (digestives, pulmonaires, cérébrales) sont exceptionnelles dans l'infection à Puumala.

Épidémiologie en France (100-200 cas annuels, saisonnalité)

Selon Santé publique France et le CNR Hantavirus de l'Institut Pasteur, la France métropolitaine recense en moyenne 100 à 200 cas confirmés par an d'infection à hantavirus Puumala. Ces chiffres reflètent les cas symptomatiques diagnostiqués biologiquement, mais sous-estiment la circulation virale réelle, une partie des infections étant asymptomatiques ou pauci-symptomatiques.

Cycles épidémiques pluriannuels

L'incidence varie fortement d'une année à l'autre, en lien avec les cycles de population du campagnol roussâtre :

  • Années de faible incidence : 50 à 100 cas
  • Années moyennes : 100 à 200 cas
  • Années épidémiques : 250 à 350 cas, parfois plus

Ces cycles sont conditionnés par la fructification des hêtres et des chênes l'année précédente, qui favorise la reproduction des campagnols roussâtres et donc l'amplification du réservoir viral.

Saisonnalité

Selon Santé publique France, on observe une nette saisonnalité printemps-été, avec un pic des cas entre avril et août. Ce pic correspond aux activités humaines à risque :

  • Réouverture et nettoyage de résidences secondaires fermées l'hiver
  • Travaux de jardinage et de débroussaillage
  • Manipulation de bois de chauffage stocké
  • Activités forestières professionnelles et de loisir
  • Randonnée et bivouac en zone forestière

Populations professionnelles à risque

Selon l'INRS, plusieurs catégories professionnelles présentent un risque accru d'infection à Puumala :

  • Forestiers, bûcherons, agents ONF
  • Agriculteurs et éleveurs en zone d'endémie
  • Chasseurs réguliers et gardes-chasse
  • Ouvriers du bâtiment intervenant en bâtiments anciens ou forestiers
  • Naturalistes, écologues, scientifiques de terrain
  • Militaires en manœuvre en zone forestière

Pour ces populations, des mesures de prévention spécifiques sont prévues par l'INRS et le Code du travail (formation, EPI, surveillance médicale).

Diagnostic et prise en charge spécifique

Selon le CNR Hantavirus de l'Institut Pasteur, le diagnostic de l'infection à virus Puumala repose sur deux examens biologiques complémentaires.

Sérologie IgM et IgG

La sérologie spécifique recherche les anticorps dirigés contre les protéines virales (nucléoprotéine principalement) :

  • IgM anti-Puumala : positifs dès le 3e-7e jour de symptômes, attestent d'une infection récente
  • IgG anti-Puumala : apparaissent à partir de la 2e semaine, persistent à vie, attestent d'une infection ancienne ou en cours
  • Séroconversion : augmentation du titre IgG sur deux prélèvements espacés de 2 à 4 semaines = diagnostic confirmé

Les techniques utilisées sont l'ELISA (dépistage), l'immunofluorescence indirecte (IFI) et le Western blot ou immunoblot pour confirmation. Le CNR pratique le test de neutralisation pour typage de la souche.

PCR et séquençage

La PCR recherche directement l'ARN viral. Elle est particulièrement utile en phase précoce (5 premiers jours de symptômes), quand les anticorps ne sont pas encore détectables. Le séquençage du génome confirme la souche Puumala et permet une analyse phylogénétique fine, utile en épidémiologie.

Bilan biologique évocateur

Plusieurs anomalies biologiques sont très évocatrices d'une infection à Puumala en zone d'endémie :

  • Thrombopénie (plaquettes < 150 000/mm³) — quasi constante
  • Leucocytose modérée avec déviation gauche
  • Élévation de la CRP (50 à 200 mg/L)
  • Insuffisance rénale aiguë avec élévation de la créatinine
  • Protéinurie abondante (souvent > 1 g/24 h)
  • Élévation modérée des transaminases

Prise en charge thérapeutique

« Il n'existe pas de traitement spécifique de l'infection à hantavirus. La prise en charge est symptomatique et adaptée à la sévérité : surveillance hospitalière, équilibration hydro-électrolytique, voire épuration extra-rénale en cas d'insuffisance rénale sévère. »

Santé publique France, Hantavirus : la maladie

Concrètement, le traitement repose sur :

  • Hospitalisation en médecine interne, infectiologie ou néphrologie selon le tableau
  • Surveillance clinique et biologique rapprochée (tension artérielle, diurèse, créatinine, plaquettes)
  • Réhydratation prudente et adaptée à la phase clinique (éviter la surcharge en phase oligurique)
  • Antalgiques pour les douleurs lombaires
  • Hémodialyse en cas d'insuffisance rénale aiguë sévère (environ 5 % des cas)
  • Pas d'antiviral spécifique validé en routine pour Puumala

La durée d'hospitalisation moyenne est de 5 à 10 jours. La sortie est autorisée après normalisation de la diurèse et stabilisation de la fonction rénale. Un suivi à 1 et 3 mois est recommandé.

Prévention en zone d'endémie

En l'absence de vaccin disponible en Europe, la prévention de l'infection à virus Puumala repose entièrement sur des mesures non vaccinales. Selon Santé publique France et l'INRS, ces mesures visent à réduire l'exposition aux excrétas de campagnols roussâtres.

Mesures domestiques en zone forestière

  • Éviter l'installation de rongeurs : boucher les ouvertures de plus de 6 mm, grillager les aérations, stocker la nourriture en récipients hermétiques
  • Aérer 30 minutes minimum tout local fermé depuis plusieurs semaines avant d'y pénétrer
  • Humidifier avant de nettoyer : vaporiser de l'eau de Javel diluée (1 volume pour 9 volumes d'eau) sur les surfaces souillées et laisser agir 15 minutes
  • Ne jamais balayer à sec ni passer l'aspirateur sur des excréments de rongeurs (création d'aérosols)
  • Porter un masque FFP2/FFP3, des gants en caoutchouc et des lunettes de protection lors du nettoyage
  • Laver soigneusement les mains au savon après intervention, et changer de vêtements

Mesures professionnelles (INRS)

Pour les forestiers, agriculteurs et chasseurs, l'INRS recommande des mesures spécifiques :

  • Formation et information sur les risques d'hantavirose
  • Port systématique d'EPI lors d'activités à risque (cabanes, abris, granges)
  • Évaluation des risques biologiques dans le document unique
  • Surveillance médicale renforcée (médecine du travail)
  • Procédures de nettoyage adaptées dans les bâtiments forestiers

Mesures pour activités de loisir

  • Éviter de dormir à même le sol en zone forestière endémique
  • Aérer les refuges et gîtes forestiers avant occupation
  • Stocker les denrées alimentaires hors de portée des rongeurs
  • Ne pas manipuler de rongeurs morts à mains nues
  • Consulter un médecin en cas de fièvre dans les 6 semaines suivant une exposition

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Le virus Puumala est-il dangereux ?

Le virus Puumala provoque une forme atténuée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), parfois appelée néphropathie épidémique. Selon Santé publique France et l'ECDC, sa létalité est faible, généralement inférieure à 0,4 %, soit nettement moins que les autres souches de FHSR comme Hantaan ou Dobrava. La majorité des patients récupèrent complètement après quelques semaines, mais une hospitalisation est fréquente en raison de l'atteinte rénale aiguë. Une infime proportion développe une insuffisance rénale nécessitant une épuration extra-rénale transitoire. Le pronostic à long terme est globalement favorable, avec récupération complète de la fonction rénale dans la grande majorité des cas.

Combien de cas d'hantavirus Puumala sont recensés en France ?

Selon Santé publique France et le Centre National de Référence Hantavirus de l'Institut Pasteur, on recense en moyenne 100 à 200 cas confirmés d'infection à hantavirus Puumala par an en France métropolitaine. Le chiffre fluctue d'une année à l'autre en fonction des cycles de population du campagnol roussâtre (Myodes glareolus) et des conditions climatiques. Lors des années épidémiques, le nombre de cas peut dépasser 250. La quasi-totalité des cas français d'hantavirose sont dus à Puumala, ce qui en fait la souche endémique nationale, contrairement au virus Andes qui a fait l'objet d'une alerte importée en 2026.

Quelles régions françaises sont concernées par le Puumala ?

Selon Santé publique France, la zone d'endémie du Puumala en France couvre principalement le quart nord-est : Ardennes, Champagne-Ardenne, Lorraine, Franche-Comté, ainsi que certains départements de Picardie, du Nord et de Bourgogne. Les Ardennes restent historiquement le département le plus touché, avec un taux d'incidence supérieur à la moyenne nationale. Le sud de la France est très peu concerné, en raison d'une faible densité de populations de campagnols roussâtres et de conditions écologiques moins favorables. Quelques cas sporadiques peuvent être rapportés ailleurs, notamment chez des personnes ayant séjourné en zone forestière endémique.

Quels sont les symptômes spécifiques du virus Puumala ?

Selon le MSD Manual et l'ECDC, l'infection à Puumala associe une fièvre brutale, des céphalées, des myalgies et des troubles digestifs. Des signes spécifiques évocateurs incluent une myopie transitoire (vision floue brutale), une hyperhémie conjonctivale (yeux rouges), un érythème facial décrit comme un « coup de soleil », des douleurs lombaires intenses et une atteinte rénale modérée avec oligurie puis polyurie. La thrombopénie est habituelle. La phase aiguë dure 1 à 2 semaines, suivie d'une convalescence de plusieurs semaines. La sévérité est variable, certaines infections restant asymptomatiques ou pauci-symptomatiques.

Quelle est la létalité du virus Puumala ?

Selon l'ECDC et le MSD Manual, la létalité de l'infection à Puumala est faible, généralement comprise entre 0,1 % et 0,4 %. Cette létalité est très inférieure à celle des autres souches de FHSR : Hantaan (5 à 15 %) ou Dobrava (jusqu'à 12 %). Elle est aussi très inférieure à celle du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) lié au virus Sin Nombre ou Andes, dont la létalité atteint environ 38 % aux États-Unis selon le CDC. Les décès liés à Puumala surviennent généralement chez des patients âgés ou porteurs de comorbidités sévères. La grande majorité des patients récupèrent sans séquelles.

Le campagnol roussâtre vit-il près des habitations ?

Le campagnol roussâtre (Myodes glareolus) est un rongeur forestier qui vit principalement dans les forêts de feuillus et mixtes, les lisières et les broussailles humides. Selon Santé publique France et l'INRS, il pénètre régulièrement dans les granges, cabanes forestières, abris de jardin, chalets, garages et caves situés en bordure de zone boisée. Il est rarement présent dans les centres urbains denses. Les habitations isolées en zone rurale ou forestière, les résidences secondaires fermées plusieurs mois, et les bâtiments agricoles constituent les principaux points de contact. L'identification de crottes et d'urine de rongeurs doit faire prendre des mesures de précaution lors du nettoyage.

Comment se transmet le virus Puumala ?

Selon Santé publique France et l'ECDC, la transmission du virus Puumala se fait principalement par inhalation d'aérosols contaminés à partir des excréments, urines ou salive de campagnols roussâtres infectés. Le balayage à sec, le passage de l'aspirateur, le déplacement de stocks de bois ou de foin, et le nettoyage de locaux fermés depuis longtemps sont des situations à haut risque. La contamination peut aussi survenir par contact direct avec un rongeur (morsure, manipulation) ou par contact main-bouche après contact avec des surfaces souillées. Il n'existe aucune transmission interhumaine documentée pour le virus Puumala.

Quand consulter en cas de suspicion d'infection à Puumala ?

Consultez votre médecin traitant rapidement en cas de fièvre élevée persistante (> 38,5 °C), de céphalées intenses, de douleurs lombaires sévères, de vision floue brutale ou d'érythème facial, surtout après une activité en forêt ou un séjour en zone d'endémie nord-est. La présence d'une diminution des urines (oligurie), de douleurs lombaires bilatérales ou de saignements doit motiver une consultation en urgence. En cas de signes graves (confusion, oligurie franche, hypotension), appelez le 15 (SAMU). Mentionnez systématiquement à votre médecin une exposition récente à des rongeurs, une activité forestière ou un nettoyage de local fermé.

Y a-t-il un vaccin contre le virus Puumala ?

Selon l'ECDC et Santé publique France, il n'existe à ce jour aucun vaccin commercialisé en Europe contre le virus Puumala ni contre les autres souches de hantavirus circulant en France. Des vaccins inactivés sont utilisés en Asie contre les souches Hantaan et Seoul (Corée du Sud, Chine), mais ils ne sont pas efficaces sur Puumala et ne sont pas disponibles en France. La prévention repose donc exclusivement sur les mesures non vaccinales : lutte contre les rongeurs, port d'équipements de protection lors du nettoyage de locaux infestés, humidification des surfaces avant balayage, et aération préalable des locaux fermés. Plusieurs projets de recherche sont en cours selon l'Inserm.

Le virus Puumala est-il contagieux entre humains ?

Non, selon Santé publique France et le MSD Manual, le virus Puumala n'est pas contagieux d'une personne à une autre. Aucun cas de transmission interhumaine de Puumala n'a été rapporté dans la littérature scientifique. Le seul mode de contamination connu est l'exposition aux rongeurs infectés (campagnol roussâtre) ou à leur environnement souillé. Cela contraste avec le virus Andes en Amérique du Sud, pour lequel une transmission interhumaine documentée existe et fait l'objet de mesures de surveillance renforcées en France depuis 2026. Aucune mesure d'isolement n'est requise autour d'un patient infecté par Puumala.

Existe-t-il des cas d'hantavirus Puumala chez les chasseurs et forestiers ?

Selon l'INRS et Santé publique France, les forestiers, bûcherons, chasseurs, agents ONF et agriculteurs constituent des populations à risque élevé d'exposition au virus Puumala. Ces professionnels sont régulièrement en contact avec l'habitat du campagnol roussâtre. Une part importante des cas confirmés en France concerne ces professions ou des personnes pratiquant régulièrement des activités forestières (ramassage de bois, chasse, débroussaillage). L'INRS a publié des recommandations spécifiques pour ces métiers : port d'EPI lors du nettoyage de cabanes de chasse fermées, humidification des surfaces avant intervention, surveillance médicale renforcée et information des salariés sur les premiers signes d'alerte.

Quelle est la durée d'incubation du virus Puumala ?

Selon l'ECDC et le MSD Manual, la durée d'incubation du virus Puumala est de 2 à 6 semaines après l'exposition, avec une médiane d'environ 3 semaines. Cette incubation prolongée rend parfois difficile l'identification de la source d'exposition par le patient. Lors de la consultation, le médecin doit retracer toutes les activités à risque sur les deux mois précédents : nettoyage de local fermé, séjour en gîte forestier, activité de chasse ou de débroussaillage, manipulation de bois de chauffage. Cette anamnèse est essentielle pour orienter le diagnostic et faire prescrire la sérologie Hantavirus auprès du CNR de l'Institut Pasteur.